Mont Thabor : Quand Dieu laisse passer sa lumière.

28 février 2026 | Brève, Homélies

Il y a des jours où tout paraît normal. Et il y a des jours où le ciel s’entrouvre.

Dans l’Évangile, Jésus monte sur une montagne. Il prend seulement trois amis. Pas la foule. Pierre, Jacques et Jean.

Pourquoi ? Parce que l’ombre arrive. La croix approche. Et avant la nuit, Jésus leur donne une lumière.

Son visage devient brillant comme le soleil. Ce n’est pas un effet spécial. C’est son vrai visage.  Et une voix retentit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé… écoutez-le. »

Écoutez-le.

  1. Dieu ne crie pas contre toi. Il crie de joie.

Remarquez quelque chose d’incroyable. Le Père dit : « en lui je trouve ma joie. »  Dieu se réjouit. Dieu n’est pas froid. Dieu n’est pas distant. Il se réjouit. Et si Dieu se réjouit en son Fils… il se réjouit aussi de voir chacun de vous ici.Même si tu doutes. Même si tu tombes. Même si tu te sens loin. Le Thabor, c’est le sourire de Dieu dans un monde stressé.

  1. Quitter pour devenir bénédiction

Dans la première lecture, Dieu dit à Abram : « Quitte ton pays… va vers le pays que je te montrerai. » Abram ne voit rien. Il n’a pas Google Maps. Ni un GPS. Pas de plan.
Juste une promesse. Et il part.

La foi commence toujours comme ça :pas avec toutes les réponses, mais avec un pas.

Dieu ne lui dit pas : « Tu seras célèbre. » Il lui dit : « Tu deviendras une bénédiction. »

Et si votre vie n’était pas faite pour accumuler des likes… mais pour devenir une bénédiction pour quelqu’un ?

  1. Un monde sans Jésus ?

L’écrivain Roman Brandstaetter, un juif converti au christianisme,  a voulu imaginer un monde sans Jésus. Il commence à écrire. Et soudain il raconte avoir senti un vide immense. Comme un abîme.
Comme si on arrachait le cœur de l’histoire. Il dira en substance : retirer le Christ, c’est laisser le monde sans lumière. Ce n’était plus un exercice littéraire. C’était une expérience intérieure.

Sans le Christ, tout devient plus froid. Plus sombre. Plus fragile.

  1. « Grâce à Lui je vois tout le reste »

Dans Les Fondements du christianisme, C. S. Lewis écrit :

« Je crois au christianisme comme je crois que le soleil s’est levé : non seulement parce que je le vois, mais parce que grâce à lui je vois tout le reste. »

La foi, ce n’est pas fermer les yeux. C’est commencer à voir clair.

Il écrit aussi : « Dieu murmure dans nos plaisirs, parle dans notre conscience, mais crie dans nos douleurs. »

Le Thabor est un murmure lumineux.
Le Calvaire sera un cri. Mais c’est le même Dieu.

  1. Le Thabor d’un milliardaire

Un petit garçon pleure devant le cercueil de son père :
« Papa, réveille-toi. » Ce garçon s’appelle Tom Monaghan.

Il grandit dans la pauvreté. Il livre des pizzas.
Puis il rachète un magasin. Puis deux. Puis cent.

Il fonde Domino’s Pizza. Il devient milliardaire. Succès. Argent. Pouvoir.

Et pourtant. En 1989, la lecture de C.S. Lewis le bouleverse.
Il comprend que réussir sa carrière ne suffit pas à sauver son âme.

Alors il vend son entreprise.
Et il fonde :

  • Ave Maria University
  • Ave Maria School of Law

Son Thabor n’était pas une montagne.
C’était une lumière intérieure.

Il a compris que Dieu devait rester Number One.

  1. Taybeh : garder la lumière allumée

À Taybeh, en Terre Sainte,
les chrétiens sont peu nombreux.

Ils pourraient partir. Beaucoup partent.

Mais certains restent. Un prêtre disait : « Nous voulons rester la pierre vivante de cette terre. » Rester, c’est leur Thabor. Pas spectaculaire. Mais fidèle.

Soutenir leur école, c’est aider la lumière à ne pas s’éteindre là où Jésus a marché.

  1. La prière : notre station-service

On ne vit pas toujours sur la montagne.
Il faut redescendre.
Affronter les examens. Les tensions. Les déceptions.

Mais sans montagne, la vallée devient lourde. La prière n’est pas un luxe. Elle est vitale.

Vous êtes occupés. Toujours connectés. Toujours sollicités.

Mais même votre téléphone, à 2 %, vous le branchez. Sinon il s’éteint.

Ton âme aussi a besoin d’être branchée. Ne dis pas : « Je n’ai pas le temps. »

Sans prière, tu tiendras peut-être extérieurement. Mais intérieurement, tu t’épuiseras.

Saint Paul le dit : Il a fait resplendir la vie.

La lumière précède la croix. La joie de Dieu précède l’épreuve.

Conclusion

Peut-être que vous attendez un grand miracle. Une lumière spectaculaire.

Mais souvent le Thabor est discret :

  • une confession qui libère
  • une messe qui touche le cœur
  • un chapelet prié en silence
  • une parole qui réchauffe

Et là, doucement, Dieu laisse passer sa lumière.

La vraie question n’est pas : « Est-ce que Dieu parle ? » La vraie question est : Est-ce que je l’écoute ?

Alors prions avec le psaume : « Que ton amour, Seigneur, soit sur nous,
comme notre espoir est en toi. »

Montons avec Lui. Restons avec Lui.
Et quand viendra la croix,
nous saurons que la lumière a déjà vaincu.

Homélie Père Piotr K WILK pour la 2ème dimanche du Carême 1 mars 2026

                                       

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