
Père Piotr K. WILK dimanche 1 février 2026 Homélie – « Heureux… vraiment ? »
Introduction – La grande question
Le bonheur. On en parle partout. Sur Instagram. Dans les pubs. Dans les chansons.
On nous promet le bonheur en 30 secondes, en 10 étapes, avec le bon filtre et le bon sourire.
Et souvent, la conclusion est brutale, presque violente : « Le bonheur, c’est moi. » Je, j’ai, je veux, je réussis, je montre. Et tant pis pour les autres.
Résultat ? Des familles qui explosent. Des solitudes cachées derrière des écrans.
Des jeunes fatigués avant même d’avoir commencé à vivre.
Alors la question est simple, mais radicale :
Qui peut être heureux ? Qu’est-ce qu’il faut avoir ?
Qu’est-ce qu’il faut savoir ? Ou plutôt…qui faut-il être ?
1. Un bonheur à contre-courant
Jésus monte sur la montagne. Il voit la foule. Il voit nos vies.
Et il commence par un mot étrange : Heureux.
Mais attention : ce n’est pas le bonheur des likes, ni celui des gagnants, ni celui des puissants.
Jésus ne dit pas : Heureux les riches, les célèbres, les influents.
Il dit : Heureux les pauvres de cœur.
Heureux les doux. Heureux les miséricordieux.
Heureux ceux qui pleurent.
Autrement dit : le bonheur selon Jésus n’est pas un trophée, c’est une relation.
Saint Paul le disait déjà : « Ce qu’il y a de faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi. » Dieu ne choisit pas l’apparence. Il choisit le cœur.
2. Et si on réécrivait les Béatitudes aujourd’hui ?
Si Jésus parlait aujourd’hui aux jeunes, peut-être dirait-il : Heureux ceux qui savent éteindre leur téléphone pour allumer une vraie rencontre.
Heureux ceux qui osent être eux-mêmes, sans masque, sans filtre, sans rôle à jouer.
Heureux ceux qui préfèrent être bons plutôt que beaux,
justes plutôt que populaires, fidèles plutôt que brillants.
Heureux ceux qui savent que la beauté, la bonté, et le bien,
ça change le monde plus sûrement que le buzz.
Parce que le vrai bonheur a toujours un visage : celui de l’autre.
3. Le secret oublié : le bonheur se partage
Jésus ne dit jamais : Heureux celui qui a tout. Il dit : Heureux celui qui donne.
Même les boxeurs l’ont compris leur devise dit : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir. » Et ce n’est pas une faiblesse. C’est une force.
Aimer, ça coûte.
S’engager, ça fatigue.
Être fidèle, ça oblige.
Mais sans sacrifice,
sans engagement,
sans renoncement,
il n’y a pas de vrai bonheur. Et pourtant : « Le mal on fait si bien, et le bien on fait si mal. »
Et si on disait comme, Antoine de Saint-Exupéry : « Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction. » alors on pourrait déjà ressentir le bonheur.
4. Alors le bonheur, il est où ?
Christophe Maé pose la question dans une chanson : « Alors le bonheur, il est où ? »
L’Évangile répond sans détour : – Il est là où il y a de la tendresse.
– Il est là où quelqu’un compte sur toi.
– Il est là où tu choisis d’aimer, même quand c’est difficile.
Le bonheur n’est pas un état permanent. C’est une direction. Un chemin. Une promesse.
Et Jésus termine les Béatitudes par ces mots étonnants : « Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse ! »
Même quand ce n’est pas facile. Même quand ça coûte.
Parce que le Royaume commence déjà, chaque fois que tu choisis l’amour.
Conclusion – Une phrase à emporter
Le bonheur n’est pas d’abord ce que tu possèdes, mais ce que tu donnes.
Le bonheur n’est pas d’abord ce que tu montres, mais qui tu aimes.
Et comme le disait Mère Teresa : « Ce qui compte, ce n’est pas la quantité de choses que nous faisons, mais la quantité d’amour que nous mettons dans chaque chose. »
Amen.