On appelle Sion : ma mère car en elle tout Homme est né (Ps 86, 5)
Pour la cause de Jérusalem je ne me tairai pas, pour Sion je ne prendrai pas de repos (Is 62, 1).
Isaïe indique ici que Sion et Jérusalem sont un même lieu, une même ville, tout à la fois unique et universelle, éternelle et actuelle, réelle et imaginaire. Ville sainte pour les juifs et les musulmans, ville mystère, c’est-à-dire signe révélé, pour les chrétiens de toutes confessions.
Sion désigne la colline au sud-ouest de la vieille ville appelée aussi Ophel, Cité de David, Mont du temple.
On comprend l’importance pour les juifs de Jérusalem – Yeroushalayim, ville de Paix – l’accomplissement de La Promesse de Dieu d’habiter au milieu de son peuple (Ex 25, 8).
Au cœur de la spiritualité juive, Jérusalem est appelée à connaître un tel développement sur terre qu’elle s’étendra jusqu’au trône de Dieu rejoignant ainsi la Jérusalem céleste créée par Dieu à cause de son Amour pour la Jérusalem terrestre.
Un début d’incendie d’une mosquée en août 1969 a rappelé l’importance de Jérusalem, al-Quds la Sainte, pour les musulmans.
Le Coran et la tradition coranique témoignent d’un mystérieux voyage nocturne effectué par le prophète Muhammad depuis la Mosquée sacrée, La Mecque, jusqu’à la Mosquée très éloignée, en arabe al-Aqsâ, située à Jérusalem.
D’après la Sunna, recueil de traditions, Jérusalem serait le lieu de la présence du rocher du sacrifice, même si à la place d’Isaac, les musulmans substituent Ismaël le fils qu’Abraham a eu d’une femme égyptienne.
Aujourd’hui cette mosquée de Jérusalem est le troisième lieu saint de l’islam après La Mecque et Médine.
Pour les chrétiens, c’est à Jérusalem que s’accomplit le Mysterium Fidei, la longue histoire du Salut. Jérusalem : lieu des guérisons, de l’enseignement, de la souffrance, de la mort, de la résurrection de Jésus, lieu où est né la première communauté chrétienne après l’événement de la Pentecôte : Jérusalem, là où tout chrétien est né, là où l’Eglise a grandi et s’est affermie.
Jean-Paul II n’hésitait pas à affirmer que Jérusalem était patrimoine sacré de tous les croyants, poursuivant : Jérusalem, avant d’avoir été la ville de Jésus Rédempteur, a été le lieu historique de la révélation biblique de Dieu, l’endroit où, plus que partout ailleurs, s’est engagé le dialogue entre Dieu et les hommes, comme point de rencontre entre la terre et le ciel.
De fait, Jérusalem appartient à tout le monde; personne ne peut revendiquer un monopole exclusif sur elle.
Le règlement du conflit ne sera pas d’abord politique; il ne pourra pas faire abstraction de la dimension verticale, la conscience qui rappelle que cette ville est avant tout le lieu de la Révélation.
Esquissant de possibles chemins de guérison, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, Patriarche latin de Jérusalem, invite à contempler la Nouvelle Jérusalem du livre de l’Apocalypse : Ville avec un ciel ouvert (…) et qui doit être avant tout une maison de prière pour tous les peuples (…) puisant à la source de la relation avec Dieu. A se couper de la source, les religions risquent de se transformer, à l’image de la Jérusalem terrestre d’aujourd’hui, en forteresse close plutôt qu’en cité accueillante, ouverte au monde, une ville où tout Homme est né.
Je vis descendre du ciel, d’auprès de Dieu, la ville sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse qui s’est parée pour son époux.
(…) Je ne vis point de temple dans la ville; car le Seigneur Dieu tout puissant est son temple, ainsi que l’agneau.
La ville n’a besoin ni du soleil ni de la lune pour l’éclairer car la gloire de Dieu l’éclaire, et l’agneau est son flambeau. (d’après Ap 21).
Daniel LAGNEAUX, Diacre permanent