Du désert à la lumière

21 février 2026 | Homélies, Brève

 

Quand Dieu parle, il crée. Sa Parole n’explique pas. Elle agit. « Que la lumière soit. » Et la lumière fut.Quand Dieu parle, la lumière surgit.
Quand Dieu parle, la vie commence.
Quand Dieu parle, l’homme respire.

Dans le Livre de la Genèse, Dieu façonne l’homme avec la poussière du sol.
Il se penche. Il insuffle son souffle. Et l’homme devient un être vivant.Tout commence par un don. Tout commence par une confiance. Paradis !

Mais une autre voix apparaît. Subtile. Perfide. « Dieu a-t-il vraiment dit… ? »

Le doute entre dans le cœur. La confiance se fissure. Le regard change.
Le fruit paraît désirable. La main se tend. Et les yeux s’ouvrent. Non pas sur la gloire. Mais sur la nudité.

Le péché n’est pas d’abord un règlement transgressé. C’est une relation blessée.
C’est vouloir la lumière sans écouter la Parole. C’est vouloir être comme Dieu… sans Dieu.  Et depuis, l’histoire de l’humanité porte cette fracture.

Alors vient le désert. Dans l’Évangile selon saint Matthieu, Jésus est conduit au désert. Là où Adam a chuté dans un jardin d’abondance, Jésus combat dans le dépouillement.

Quarante jours. Quarante nuits. La faim. La solitude. Et le tentateur revient. Pain. Pouvoir. Gloire. Les mêmes tentations. Les nôtres.                                                          Mais Jésus ne discute pas. Il ne se justifie pas. Il demeure dans la Parole.          « L’homme ne vit pas seulement de pain… »  Là où Adam a pris, le Christ reçoit. Là où Adam a douté, le Christ fait confiance.

Saint Augustin l’a dit magnifiquement : « Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne demeure en toi. »                                                        Le désert révèle ce qui habite le cœur. Il enlève les illusions. Il dépouille.
Mais il purifie. Le désert n’est pas l’absence de Dieu. Il est l’endroit où Dieu recrée.

Saint Paul nous donne une parole immense : « Là où le péché s’est multiplié, la grâce a surabondé. » Le péché est réel. La chute est réelle. La mort a traversé l’histoire. Mais la grâce déborde. Elle ne compense pas seulement. Elle dépasse. Elle surabonde.

Un seul a désobéi. Un seul obéit. Un seul a tendu la main vers l’arbre. Un seul étend les mains sur la Croix. Et quand Dieu parle aujourd’hui encore, il crée. Quand il dit : « Je te pardonne », le pardon existe. Ce ne sont pas des mots pieux. Ce sont des actes.

La lumière revient. Le cœur se relève. L’homme est recréé. « Crée en moi un cœur pur », dit le psaume. Crée. Pas simplement réparer. Créer à nouveau.

Permettez-moi une petite histoire.

Sœur Briege McKenna priait dans une église. Un petit garçon malade s’approche.
Il tire doucement sa manche : « Ma sœur, maman a dit que tu peux me guérir. »

Elle le regarde avec tendresse et elle répond avec simplicité: « Moi, je ne guéris pas. Mais je connais Quelqu’un qui le peut. Jésus !
Quand il sera exposé dans le Saint-Sacrement, demande-lui toi-même. »

L’adoration commence. L’église devient silencieuse. Le petit garçon s’approche du prêtre qui porte le Saint-Sacrement. Il tire sa manche.

Et il dit simplement : « Jésus… tu peux me guérir ? S’il te plaît ? » Une prière courte. Sans discours. Sans complication.

Ce jour-là, certaines personnes ont été guéries physiquement :
un malade asthmatique a été soulagé, une personne souffrant d’arthrose a retrouvé de la mobilité. Mais surtout — écoutez bien — il y a eu des guérisons du cœur.

Un homme qui se disait athée a demandé à se confesser.
Un couple en crise s’est réconcilié.
Une femme profondément blessée intérieurement a retrouvé la paix.

Pourquoi ? Parce qu’un enfant a osé faire confiance. Sa foi a ouvert un puits dans le désert. Et quand la foi s’ouvre, la grâce circule.

Frères et sœurs,

Le Carême est notre désert.

Mais il y a une source. Le commencement de la conversion n’est pas un exploit.
C’est une vérité humble : « Oui, Seigneur, j’ai péché. » Et aussitôt la grâce commence son œuvre. Thérèse de Lisieux disait : « Tout est grâce. »

Même nos chutes, si nous les remettons à Dieu, peuvent devenir le lieu d’une lumière nouvelle. Alors, ce matin, posons-nous une question simple : Avons-nous la confiance de cet enfant ? Osons-nous dire :

Jésus… tu peux me guérir ?  Guérir mon orgueil. Guérir mon manque de pardon. Guérir ma peur. Guérir ma tiédeur.

Chaque adoration. Chaque confession. Chaque Eucharistie.

Quand Dieu parle, il crée. Quand il pardonne, il recrée. Et là où le péché s’est multiplié, la grâce surabonde. Amen.

Homélie du Père Piotr K. WILK pour le premier dimanche du Carême 22 février 2026 

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