Fin de l’année jubilaire – Église Saint-Étienne du Haut-du-Tôt
Frères et sœurs,
Ce soir, ici, quelque chose se referme.
Mais surtout, quelque chose demeure.
Dans tout le diocèse des Vosges, une seule église a été choisie comme église jubilaire :
Saint-Étienne du Haut-du-Tôt, l’église la plus haute des Vosges,
bâtie dans le vent, la neige, le silence, comme une sentinelle de prière.
Ce n’est pas un hasard.
Dans la Bible, Dieu parle souvent en hauteur : sur la montagne, dans le désert, loin du bruit. Ici, au sommet, on apprend à lever les yeux et à alléger le cœur.
1. Une maison relevée, une mémoire honorée
La première lecture nous rappelle que Dieu bénit ceux qui honorent, qui relèvent, qui n’oublient pas :
« Ta miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée,
elle relèvera ta maison. »
Le Jubilé vécu ici a été un temps de mémoire vivante : mémoire des anciens,
des générations de montagnards, des familles venues d’en bas jusqu’ici pour prier,
porter une intention, confier un fardeau.
Le pape François nous l’a souvent rappelé : « La foi se transmet à genoux, par la mémoire et par la tendresse. »
Dans cette église perchée, nous avons appris que l’Église ne domine pas le monde :
elle veille sur lui.
2. Revêtir le Christ, même quand le vent souffle fort
Saint Paul nous dit aujourd’hui :« Revêtez-vous de tendresse et de compassion…
Par-dessus tout, ayez l’amour. »
Ces paroles prennent ici un relief particulier. Car vivre la foi en altitude, ce n’est pas fuir la réalité, c’est l’affronter avec plus de vérité.
Le Jubilé ne nous a pas rendus parfaits, mais peut-être plus patients,
un peu plus fraternels, un peu plus capables de pardonner.
Le pape Léon XIV, dans la continuité de François, rappelle que « l’Église n’est jamais plus fidèle à l’Évangile que lorsqu’elle choisit la discrétion plutôt que la puissance. »
Ici, au Haut-du-Tôt, l’Église jubilaire n’a pas été un lieu de foule,
mais un lieu de fidélité humble.
3. Joseph, l’homme des hauteurs intérieures
L’Évangile nous montre Joseph, l’homme qui se lève dans la nuit. Il fuit, il protège, il avance sans comprendre tout.
Joseph ressemble à ces gens de montagne qui savent que la route n’est jamais toute tracée, mais que l’essentiel est de tenir bon.
Il nous apprend que Dieu confie ses trésors non aux plus forts,
mais aux plus fidèles.
Comme l’écrivait Charles Péguy :« Il faut toujours dire ce que l’on voit.
Mais surtout, il faut toujours voir ce que l’on voit. »
Le Jubilé nous a appris à regarder autrement nos vies, notre Église, notre mission.
4. Une porte se ferme, un sommet demeure
Oui, la porte jubilaire se ferme. Mais le sommet reste.
Il reste comme un signe pour les Vosges : que la foi peut être haute sans être distante, exigeante sans être dure, solide sans être figée.
Ce que nous avons vécu ici ne nous appartient pas.
Il nous est confié pour être redescendu dans la vallée, dans nos villages, nos familles, nos engagements.
Poème final – « Église au sommet »
Au sommet des Vosges,
une porte se ferme,
mais le ciel reste ouvert.
Les pierres ont gardé
les pas, les prières,
les silences confiés.
Ici, Dieu n’a pas parlé plus fort,
Il a parlé plus haut.
Et ceux qui redescendent
emportent dans leurs mains
un peu de lumière
pour les chemins d’en bas.
Père Piotr K. WILK
Clôture de l’année jubilaire – Église Saint-Étienne du Haut-du-Tôt
Frères et sœurs,
Au terme de cette année jubilaire,
du haut de cette église Saint-Étienne,
la plus élevée des Vosges,
confions à Dieu notre terre, nos villages et nos vies.
✠ Bénédiction
Que le Seigneur
qui a parlé sur la montagne
et marché avec son peuple dans la vallée,
bénisse les Vosges,
ses sommets et ses forêts,
ses chemins et ses silences.
— Amen.
Que le Christ,
Lumière née dans la nuit
et protégée par Joseph sur les routes de l’exil,
garde les familles,
les anciens et les enfants,
ceux qui restent et ceux qui partent,
ceux qui montent encore
et ceux qui peinent à avancer.
— Amen.
Que l’Esprit Saint,
souffle discret mais puissant,
habite nos paroisses,
renouvelle la foi de ceux qui servent,
consolide l’espérance de ceux qui doutent,
et fasse de chacun un témoin humble et fidèle.
— Amen.
Que la mémoire de ce Jubilé,
vécu ici, au sommet des Vosges,
ne s’éteigne pas avec la fermeture de la porte,
mais devienne chemin de paix,
source de pardon,
et engagement vivant pour les jours à venir.
— Amen.
Et que Dieu tout-puissant vous bénisse,
le Père ✠, le Fils et le Saint-Esprit.