Père Piotr K. WILK, Homélie quatrième dimanche de l’Avent 21 décembre 2025
Frères et sœurs,
Les textes que nous venons d’entendre nous parlent de signe.
Un signe donné par Dieu… ou refusé. Un signe proposé… ou accueilli.
Dans la première lecture, le roi Acaz est en difficulté. Son peuple est menacé, son pouvoir fragilisé. Dieu lui offre un signe, un appui, une promesse. Mais Acaz refuse. Il se protège derrière une fausse piété :
« Je ne demanderai rien, je ne mettrai pas le Seigneur à l’épreuve. »
En réalité, il ne veut pas risquer la confiance. Il préfère ses calculs à la foi.
À l’opposé, l’Évangile nous présente un autre homme : Joseph.
Un homme juste. Un homme discret. Un homme profondément blessé.
Joseph, l’homme contrarié
Joseph est fiancé à Marie. Il a un projet simple, beau, humain. Et voilà que tout s’écroule : Marie est enceinte. Joseph ne comprend pas. Joseph est bouleversé.
La foi ne le dispense pas du choc, ni de la douleur.
Joseph traverse une crise, une vraie. Une crise de confiance.
Une crise de sens. Peut-être même une crise d’identité.
Il aurait pu accuser, se défendre, se refermer.
Mais l’Évangile nous dit une chose essentielle : « Joseph, qui était un homme juste… »
Être juste, ce n’est pas tout comprendre.
Être juste, c’est refuser de détruire la vie, même quand elle nous déroute.
Le signe accueilli dans le sommeil
Dieu parle à Joseph en songe. Pas dans le spectaculaire.
Pas dans le bruit. Mais dans le silence de la nuit, là où tombent les défenses.
Contrairement à Acaz, Joseph accepte le signe. Il accepte que Dieu agisse autrement que prévu. Il accepte que la promesse passe par un chemin qui le dépasse. « Ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse. »
La première parole de Dieu à Joseph est : « Ne crains pas ».
Car la peur est souvent ce qui nous empêche de reconnaître les signes.
La promesse de Dieu dans notre quotidien
La promesse annoncée par Isaïe – « Voici que la vierge est enceinte » –
ne se réalise pas dans un palais, mais dans une maison ordinaire.
Pas chez un roi, mais chez un artisan. Pas dans la maîtrise, mais dans la confiance.
C’est souvent ainsi que Dieu agit dans nos vies.
Les signes de Dieu ne sont pas toujours éclatants.
Ils passent par : une parole entendue autrement,
une rencontre imprévue,
une épreuve qui devient appel,
un silence qui éclaire.
Encore faut-il oser les lire.
Joseph et les hommes d’aujourd’hui
Notre monde critique facilement les hommes en crise.
Crise de rôle, crise de sens, crise d’engagement.
Joseph nous montre autre chose.
Un homme qui doute, mais qui avance.
Un homme qui n’écrase pas, mais qui protège.
Un homme qui ne comprend pas tout, mais qui fait confiance.
Combien d’hommes aujourd’hui ont retrouvé la paix, la joie, le bonheur,
non pas en fuyant, mais en accueillant un signe,
en acceptant de changer de route,
en laissant Dieu transformer leur regard.
Une prière avec Joseph
Nous pouvons faire nôtre cette prière de l’Église :
Je vous salue, Joseph,
vous que la grâce divine a comblé ;
le Sauveur a reposé dans vos bras
et grandi sous vos yeux.
Vous êtes béni entre tous les hommes,
et Jésus, l’Enfant divin de votre virginale Épouse, est béni.
Saint Joseph,
apprends-nous à reconnaître les signes de Dieu, même quand ils dérangent nos projets.
Apprends-nous à choisir la vie, à faire confiance dans la nuit,
à croire que Dieu accomplit ses promesses au cœur même de notre quotidien. Amen.