Père Piotr K. WILK, dimanche le 25 janvier 2026
Frères et sœurs,
« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. »
Cette parole d’Isaïe n’est pas seulement une promesse ancienne : elle est une bonne nouvelle pour aujourd’hui, pour nos vies telles qu’elles sont, avec leurs ombres, leurs fragilités et leurs périphéries.
Jésus ne commence pas sa mission dans les lieux prestigieux.
Il part en Galilée, une terre pauvre, mélangée, méprisée.
C’est là que la lumière se lève.
C’est là que Dieu choisit de poser sa tente.
« Et pourtant, au cœur de cette immensité, Dieu a posé sa demeure parmi les hommes, comme une tente de lumière plantée dans nos nuits. »
Dieu n’attend pas que tout soit parfait.
Il entre précisément dans nos Galilées intérieures : nos maladies, notre âge, nos handicaps, nos mauvaises pensées, nos découragements, nos péchés, ces endroits de nous-mêmes dont nous ne sommes pas fiers.
Et c’est là qu’il dit :
« Convertissez-vous » – non pas : devenez impeccables, mais : ouvrez la porte, laissez-moi entrer.
Car le Royaume est tout proche, déjà à l’œuvre en vous.
« Nous sommes un peuple en marche, fatigué, blessé, parfois désorienté, cherchant la source de la beauté, la racine du bien, le visage de la paix… »
Saint Paul nous rappelle que nous sommes appelés à l’unité, non pas comme des parfaits, mais comme une communauté de pauvres réconciliés.
Nos divisions naissent souvent de notre peur de ne pas être assez.
Or la Croix nous dit : tu n’as rien à prouver pour être aimé.
Comme l’écrit saint Paul :
« Ma grâce te suffit : ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. »
Et sainte Thérèse de Lisieux nous le murmure :
« C’est la confiance, et rien que la confiance, qui doit nous conduire à l’Amour. »
« Dans la fragilité humaine Dieu enfouit sa gloire, et dans nos plaies ouvertes il fait jaillir la vie. »
Dieu se débrouille avec notre pauvreté.
Il ne travaille pas malgré nos blessures, il travaille à travers elles.
Regardons Pierre, André, Jacques et Jean.
Ils sont fatigués, ordinaires, occupés à réparer leurs filets.
Jésus ne leur dit pas :
« Réglez d’abord vos problèmes. »
Il leur dit : « Venez à ma suite », maintenant.
Et c’est en marchant avec Lui qu’ils deviendront pêcheurs d’hommes.
Dans un monde parfois dur et découragé,
le pape François nous rappelle :
« Dieu ne se fatigue jamais de nous pardonner ; c’est nous qui nous fatiguons de demander pardon. »
La lumière ne se lève pas ailleurs.
Elle se lève ici, dans nos vies offertes à Dieu.
« Alors, même au cœur de l’hiver du monde, nous chanterons :
“Toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur !”
Et nos vies deviendront, à leur tour, des sommets de lumière où d’autres pourront retrouver le chemin de la paix
et la joie simple d’adorer. »
Que cette Eucharistie nous aide à ouvrir nos périphéries intérieures à la grâce et à devenir, humblement, des porteurs de lumière pour d’autres.
Amen.