Le temps de la maladie

22 octobre 2026 | Saint François

Quand la maladie devient un chemin de confiance Saint François d’Assise nous montre un visage de la maladie qu’on a parfois du mal à comprendre aujourd’hui. Lui qui était l’homme de la joie, de la fraternité et de la louange a pourtant connu de nombreuses maladies. Dès 1202, et  surtout dans les dernières années de sa vie, son corps est très éprouvé. Ses yeux lui font énormément souffrir et il devient presque aveugle. Mais François va peu à peu changer son regard sur la souffrance. Sa rencontre avec le lépreux avait déjà bouleversé toute son existence. Ce qui lui semblait autrefois amer devient douceur. Il découvre que Dieu peut être rencontré au cœur même de ce qui nous fait peur ou nous fait souffrir. À la fin de sa vie, alors qu’un médecin doit cautériser ses yeux avec un fer brûlant, François s’adresse au feu comme à une créature de Dieu. Dans cette situation particulièrement douloureuse, il lui parle avec une étonnante simplicité : « Regarde, je t’ai toujours respecté, je t’ai toujours voulu du bien. Ne me blesse pas trop durant cette opération. » Puis, au cœur même de cette épreuve, François se tourne vers Dieu : « Je te rends grâce, Seigneur, pour toutes les douleurs que j’éprouve. Je te demande, ô mon Seigneur, de me donner la consolation dans mes souffrances. » Quelle profondeur dans ces paroles ! François ne nie pas sa douleur. Il ne fait pas comme s’il ne souffrait pas. Mais il refuse de laisser la souffrance avoir le dernier mot. Au milieu de l’épreuve, il continue à rendre grâce et demande au Seigneur la consolation dont son cœur et son corps ont besoin. En 1225, dans son Cantique des créatures, il ajoute : « Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux qui supportent maladie et tribulation. Heureux ceux qui les supportent en paix… » Et à la fin de sa vie, François va jusqu’à demander pardon à son propre corps, qu’il appelait avec tendresse « frère Âne » s’il l’avait maltraité. Quelques siècles plus tard, une autre grande mystique nous laissera une parole qui fait merveilleusement écho à cette confiance : sainte Thérèse d’Avila. Dans son célèbre poème Nada te turbe, elle écrit : « Que rien ne te trouble, Que rien ne t’effraie, Tout passe, Dieu ne change pas. La patience obtient tout. Celui qui a Dieu Ne manque de rien : Dieu seul suffit. » Deux saints, deux chemins, mais une même confiance. François nous apprend à traverser la maladie sans arrêter de louer Dieu. Thérèse nous rappelle que quand tout passe, quand le corps devient fragile et que nos certitudes vacillent, Dieu, Lui, reste. C’est aussi dans cet esprit que saint Jean-Paul II a institué en 1992 la Journée mondiale du malade, célébrée chaque 11 février, fête de Notre-Dame de Lourdes. Dans la maladie, dans la faiblesse, dans la solitude ou dans l’inquiétude, on n’est pas seuls. Avec saint François, sainte Thérèse d’Avila, saint Jean-Paul II et Marie, « Santé des malades », demandons la grâce de garder confiance. Que rien ne nous trouble. Que rien ne nous effraie. Dieu seul suffit.
 
 
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