
Aujourd’hui, une question traverse nos vies, comme un vent : Qui suivre ?
Vrai ou faux ? Bon ou mauvais ? Oui… ou non… Et souvent… nous restons là, immobiles, comme à un carrefour sans panneau, le cœur partagé, l’esprit fatigué.
Nous avançons… mais sans toujours savoir derrière qui nous marchons. Alors permettez-moi une image.
À Londres, au cœur de la ville, se dresse une tour étrange, brillante, séduisante :
le 20 Fenchurch Street.
Un bâtiment qui attire les regards… qui semble guider…comme un phare moderne. Mais un jour, les habitants ont compris : ce phare brûlait.
Sa forme concentrait la lumière du soleil au point de faire fondre, déformer, détruire. Ce qui semblait éclairer… devenait dangereux.
Silence. N’est-ce pas aussi notre monde ? Combien de voix brillantes… combien de discours séduisants… combien de promesses lumineuses… et pourtant, elles brûlent l’homme, elles abîment l’âme. L’histoire en porte la trace.
Des foules entières ont suivi… et se sont perdues.
Alors la question revient, plus urgente : Qui est le vrai guide ?
Une célébrité ? Une influence ? Une idéologie ? Ou bien… quelqu’un d’autre ?
Et l’Évangile nous répond, simplement : « Moi, je suis la porte des brebis. » Pas une théorie. Pas un slogan. Une présence.
Imaginez la nuit. Le désert. Le vent froid. Le silence habité de dangers. Un enclos de pierres… sans porte. Et un homme. Le berger. Il s’allonge à l’entrée.
Il devient lui-même la porte. Si le loup vient, il devra passer par lui. Si une brebis veut fuir, elle devra le franchir.
Le berger ne surveille pas de loin. Il s’expose. Il veille.
Il donne sa nuit pour la vie des autres.
Et Jésus dit encore : « Les brebis écoutent sa voix. » Pas sa force.
Pas son autorité. Sa voix. Une voix connue. Une voix qui appelle par le nom.
On raconte qu’en temps de guerre, un troupeau avait été confisqué, mélangé, dispersé. Un berger s’avance. On se moque de lui : « Comment reconnaîtras-tu les tiennes ? » Il ne discute pas. Il appelle. Un simple appel.
Et dans le tumulte, dans la confusion des bêtes, quelque chose se passe…
Certaines têtes se lèvent. Elles écoutent. Elles reconnaissent. Et elles viennent.
Frères et sœurs, au milieu du bruit du monde, des voix qui crient, des vérités qui s’opposent, il existe une voix qui ne trompe pas. Mais encore faut-il l’avoir déjà écoutée… dans le silence.
Dans les Actes des Apôtres, il est écrit : « Ils furent touchés au cœur. » Voilà le signe. Quand Dieu parle, ce n’est pas d’abord l’esprit qui s’agite, c’est le cœur qui se réveille.
Et pourtant…nous sommes souvent tièdes. Nous admirons Pierre…mais nous n’osons pas parler. Nous admirons Paul…mais nous hésitons à avancer.
Et l’Écriture nous murmure : le véritable acteur, c’est l’Esprit Saint.
Sans lui, la foi devient habitude. La vie devient lente. Et l’âme… s’endort.
Alors écoutons deux voix qui nous éclairent autrement : Georges Bernanos écrivait : « Le contraire d’un peuple chrétien, ce n’est pas un peuple païen, c’est un peuple triste. »
Oui… quand nous perdons le vrai berger, nous perdons la joie. Et le pape Benoît XVI disait : « Celui qui laisse entrer le Christ ne perd rien, absolument rien de ce qui rend la vie libre, belle et grande. »
Suivre le Christ, ce n’est pas se perdre. C’est enfin… se trouver.
Alors aujourd’hui, une décision nous est proposée. Pas une idée.
Pas une émotion passagère. Une décision. Qui veux-tu suivre ? Une lumière qui éblouit… ou une voix qui appelle ?
Le Christ nous dit : « Je suis venu pour que les brebis aient la vie,
la vie en abondance. » Pas une vie réduite. Pas une vie survivante. Une vie pleine.
Aujourd’hui, le Christ ne nous demande pas d’abord de comprendre. Il nous demande… d’écouter.
Écouter, au fond de nous, Cette voix qui conduit…Et peut-être, simplement, faire un pas. Un seul. Vers Lui.
Et nous pouvons terminer comme une prière, douce, confiante, presque murmurée :
Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Même si je marche dans la vallée de l’ombre, je ne crains aucun mal. Car tu es avec moi.
Écoutons sa voix. Et marchons… derrière le seul Bon Pasteur.
Amen
Père Piotr K. WILK 25 Avril 2026 Homélie