Pentecôte : Un souffle pour aller plus loin !

23 mai 2026 | Homélies, Brève

Aujourd’hui, l’Église entière est en feu. Non pas un feu qui détruit,
mais un feu qui éclaire, un feu qui réchauffe, un feu qui remet debout.

La Pentecôte arrive dans un monde traversé par les guerres, les tensions, les divisions, les fatigues familiales et sociales. Et pourtant, au cœur de ce monde inquiet, Dieu ne retire pas son Esprit. Au contraire : il l’envoie.

Dans les Actes des Apôtres, tout commence dans un lieu fermé. Les disciples sont enfermés. Ils ont peur. Ils hésitent. Ils ne savent plus comment avancer.

Et soudain : un bruit comme un violent coup de vent, des langues qu’on aurait dites de feu, et tout change. L’Esprit Saint ne supprime pas leurs fragilités, mais il transforme leur peur en mission.

Voilà le miracle de la Pentecôte : des peuples différents, des langues différentes,
des cultures différentes, et pourtant un seul message compris par tous :
les merveilles de Dieu. La Pentecôte est la fête de toutes les nations. La fête de l’Église universelle.
La fête de ceux qui découvrent que Dieu parle toutes les langues du cœur bienfaisant.

Et cela est particulièrement fort pour nous aujourd’hui, alors que nous faisons mémoire d’une année de compagnonnage avec nos amis de Taybeh, en Terre Sainte. Il y a un an, leur présence parmi nous avait bouleversé beaucoup de cœurs.
Comme une fenêtre ouverte sur cette terre où Jésus a marché. Comme un rappel aussi : être chrétien aujourd’hui en Terre Sainte est difficile.
Très difficile.

Et pourtant, là-bas aussi, l’Esprit Saint continue de souffler. Nos frères et sœurs de Taybeh nous apprennent quelque chose d’essentiel :
la foi chrétienne n’est pas seulement un héritage, elle est un courage. Ils nous rappellent qu’être chrétien, ce n’est pas vivre à l’abri des tempêtes,
mais garder la lumière allumée au milieu de la nuit.

Et nous aussi, ici, dans nos montagnes, nous sommes appelés à bâtir un pont :
un pont entre deux peuples, deux cultures, deux terres, deux espérances.

Ce pont est unique en France. Et il continue. Avec joie, nous préparons déjà une deuxième étape à Vagney : un livre, un disque, un soutien concret pour l’école de Taybeh le 4 et 5 juillet. Ce sont peut-être de petites choses aux yeux du monde. Mais l’Esprit Saint aime commencer petit. Comme une flamme. Comme un souffle. Comme une graine.

Frères et sœurs, j’aimerais maintenant évoquer un symbole très parlant.

Sur le drapeau de l’Espagne, on voit les colonnes d’Hercule.
Pendant longtemps, on croyait qu’au-delà du détroit de Gibraltar, il n’y avait plus rien. La fin du monde. Alors on disait : « Non plus ultra »  « Rien au-delà ».

Mais l’empereur Charles Quint a changé cette devise :« Plus Ultra » « Encore plus loin ».

Quelle magnifique image pour la Pentecôte! L’Esprit Saint dit toujours à l’Église : « Plus loin ! » Ne reste pas enfermée. Ne reste pas paralysée par la peur.
Ne crois pas que tout est terminé. Il y a encore un chemin. Encore une espérance.
Encore une mission.

Celui qui croit peut aller plus loin. Le Paraclet — l’Esprit consolateur —
nous donne une autre perspective. Il ouvre des horizons nouveaux.

Oui, nous savons bien que l’Église n’est pas parfaite.
Nous-mêmes, nous ne sommes pas parfaits.
Mais parfaitement, nous pouvons répondre à l’appel de Dieu.

Voilà la sainteté : non pas être sans faiblesse, mais laisser l’Esprit agir en nous.

Dans l’Évangile, Jésus rejoint ses disciples enfermés et il leur dit :
« La paix soit avec vous. »

Puis il souffle sur eux : « Recevez l’Esprit Saint. »

Ce souffle du Christ, nous en avons besoin aujourd’hui.
Le monde manque de paix. Les familles manquent parfois de paix.
Les cœurs manquent de paix.

Mais la paix du Christ n’est pas une simple tranquillité. C’est une force intérieure. Une espérance plus forte que la peur.

Alors aujourd’hui, comme les Apôtres au Cénacle, prions ensemble.

Demandons le feu de l’Esprit Saint.
Demandons le courage d’aller « plus loin ».
Demandons la fidélité dans notre mission.
Demandons la paix pour la Terre Sainte.
Demandons la force pour nos frères et sœurs de Taybeh.
Demandons un cœur capable d’aimer sans frontières.

Et que cette Pentecôte rallume en chacun de nous
la joie de croire, la joie de servir, la joie d’annoncer l’Évangile.

Oui, frères et sœurs : Alléluia ! Et en avant !

Amen.

Père Piotr K. WILK – homélie  du 24 mai 2026

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