Assomption de la Vierge Marie Le Puissant fit pour moi des merveilles

15 août 2026 | Homélies, Brève

Aujourd’hui, l’Église nous invite à lever les yeux.

Dans l’Apocalypse, saint Jean voit une femme : « ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds et sur la tête une couronne de douze étoiles. »

Quelle image magnifique !

Mais cette femme n’est pas simplement une belle image céleste.
Elle est une femme qui connaît aussi les douleurs de la terre.
Elle est enceinte. Elle souffre. Elle crie dans les douleurs de l’enfantement.
Et devant elle se tient le dragon.

Autrement dit : même celle qui est revêtue de soleil traverse la nuit. C’est peut-être cela que nous avons besoin d’entendre aujourd’hui.

La foi ne nous promet pas une vie sans épreuves.
Elle nous promet que les épreuves n’auront pas le dernier mot.

Marie connaît la joie de Bethléem, mais aussi l’inquiétude de Nazareth.
Elle connaît les chants des anges, mais aussi la fuite en Égypte.
Elle connaît les applaudissements des foules autour de Jésus, mais aussi le silence du Golgotha.

Et pourtant, elle continue. Elle avance. Elle croit. Elle dit simplement : « Mon âme exalte le Seigneur. »

Marie, la femme qui se met en route

L’Évangile nous montre quelque chose de très beau. À peine a-t-elle reçu l’annonce de l’ange que Marie se met en route. Elle ne reste pas enfermée dans son bonheur. Elle porte Jésus… et elle va vers les autres.

C’est peut-être le premier secret de Marie : elle ne garde jamais Dieu pour elle.

Elle porte le Christ à Élisabeth. Et lorsqu’elle arrive, quelque chose bouge dans la maison. L’enfant tressaille. Élisabeth est remplie de l’Esprit Saint. La joie entre dans la maison.

Marie est déjà une sorte de « visitation » de Dieu.

Il y a des personnes qui, lorsqu’elles arrivent quelque part, apportent avec elles leurs problèmes. Et il y en a d’autres qui apportent la paix.

Marie fait partie de ces personnes-là. Elle arrive avec Jésus. Et cela suffit.

Marie, humble et pourtant couronnée

Il y a un magnifique paradoxe dans cette fête. Marie chante : « Il s’est penché sur son humble servante. » Et l’Apocalypse nous la montre ensuite avec le soleil pour manteau et les étoiles comme couronne.

La petite servante devient la Reine. Mais attention : elle ne devient pas grande en écrasant les autres. Elle devient grande parce qu’elle a laissé Dieu grandir en elle.

C’est toute la logique de l’Évangile. Le monde dit : « Pour être grand, il faut monter. »

L’Évangile dit: « Pour être grand, il faut aimer. » Le monde dit : « Il faut se faire remarquer. »

Marie répond :« Le Puissant fit pour moi des merveilles. » Le monde cherche la gloire.

Marie reçoit la grâce. Et peut-être est-ce là le véritable sens de l’Assomption.

Marie n’est pas montée vers Dieu par ses propres forces. Elle a été élevée par l’amour de Dieu.

« Une étoile dans la mer »

Dante, dans le dernier chant du Paradis, s’adresse à Marie avec une image magnifique : il l’appelle « Vierge Mère, fille de ton Fils ».

Cette formule semble impossible. Et pourtant, elle dit quelque chose de Marie : elle est à la fois mère et fille, créature et mère du Créateur, humble servante et Reine.

Tout en elle devient mystère. Charles Péguy, lui, aimait contempler Marie comme celle qui conduit l’homme vers l’espérance. Il écrivait : « Il y a une femme qui est au milieu de tout. »

Oui. Au milieu de la crèche. Au milieu de Cana. Au pied de la Croix. Au cœur de l’Église.

Et aujourd’hui, au cœur du ciel. Paul Claudel, dans son magnifique poème La Vierge à midi, s’adresse à Marie comme à celle qui demeure lorsque tout semble vaciller. Il lui dit notamment : « Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer. »

Quelle belle image pour aujourd’hui !

Lorsque le monde devient compliqué, lorsque nous ne savons plus très bien où aller, lorsque nos certitudes s’effondrent… il faut entrer.

Entrer dans la prière. Entrer dans la confiance. Entrer dans le cœur de Marie.

L’Assomption : notre avenir commence déjà

Frères et sœurs, La fête de l’Assomption n’est pas seulement la fête de Marie. Elle parle aussi de nous. Saint Paul nous dit: « En premier, le Christ ; ensuite, ceux qui lui appartiennent. »

Voilà notre espérance. Marie est comme la première fleur déjà ouverte dans le jardin de la Résurrection. Elle nous montre ce que Dieu veut faire de l’humanité.

Notre corps, notre histoire, nos blessures, nos années, tout ce que nous sommes… Dieu ne veut pas le jeter. Il veut le transfigurer.

Nous croyons parfois que notre vie descend : les années passent, les forces diminuent, les visages changent, les épreuves arrivent, les êtres que nous aimons nous quittent…

Et pourtant, la foi nous dit : ce n’est pas une descente vers le néant. C’est un chemin vers Dieu.

Marie nous attend au bout du chemin. Et peut-être qu’elle nous dira alors : « Tu vois ?
Il fallait simplement continuer à faire confiance. »

Alors aujourd’hui, regardons Marie. Elle a les pieds sur la lune… mais son cœur est tourné vers le soleil.

Elle connaît la terre… mais elle appartient déjà au ciel. Elle a connu les larmes… mais elle chante encore. Elle a connu le tombeau… mais elle est déjà dans la lumière.

Et son Magnificat devient le nôtre : Mon âme exalte le Seigneur !

Pour les jours heureux. Pour les jours difficiles. Pour les années qui passent. Pour ceux qui nous ont quittés. Pour ceux qui viennent après nous. Pour tout ce que nous comprenons… et même pour tout ce que nous ne comprenons pas encore.

Car l’Assomption nous rappelle une chose essentielle : notre vie ne finit pas dans la poussière. Elle est appelée à devenir lumière.

Et Marie, aujourd’hui, nous montre le chemin. Alors, avec elle, avec toute l’Église, nous pouvons dire : Marie, Notre-Dame de l’Assomption,
garde-nous sous ton manteau de lumière.
Apprends-nous à croire comme tu as cru,
à servir comme tu as servi,
à aimer comme tu as aimé,
et, lorsque viendra notre dernier passage,
conduis-nous jusqu’à ton Fils.

Ave Maria.

Et puisque Marie a déjà atteint la destination…elle peut être notre meilleur GPS pour le chemin du ciel !

Ave Maria ! Amen

  15 Août 2026 Père Piotr K. WILK

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