
Si Dieu existe, et s’il est Tout-Puissant et bon, pourquoi le mal ? Pourquoi laisse-t-il l’ivraie pousser à côté du bon grain ? Pourquoi ne détruit-il pas le mal une fois pour toutes ? Ce questionnement ne nous est pas étranger. Mais aussi légitime soit-il, révèle une attitude humaine bien compréhensible : celle qui consiste à accuser, à sombrer dans l’alarmisme et à se laisser paralyser par la peur. Nous voudrions un Dieu-manager qui nettoie immédiatement son champ, un Dieu-flic qui rétablit l’ordre par la force.
En ce 16e dimanche du Temps Ordinaire, les textes liturgiques nous offrent une tout autre perspective. Ils ne nous donnent pas une explication théorique sur l’origine du mal, mais ils nous dévoilent le cœur de Dieu : un cœur infiniment patient et miséricordieux.
Le livre de la Sagesse nous offre un premier éclairage. Il affirme que la toute-puissance de Dieu est à l’origine de sa clémence. « Ta force est à l’origine de ta justice, et, parce que tu es le Maître de tous, tu te montres indulgent pour tous ». Parce que Dieu ne traite pas avec des choses, mais avec des personnes, Il sait que le jugement radical et immédiat risquerait de briser ce qui peut encore grandir. Il sait que, dans le cœur de chaque homme, le bien et le mal peuvent cohabiter. Il sait que notre histoire personnelle est un mélange complexe de bon grain et d’ivraie. Non seulement nous subissons le mal dans le monde, mais nous le portons aussi en nous comme nous le rappelle Saint Paul.
Frères et sœurs en Christ, les textes liturgiques de ce jour nous appellent à une véritable conversion du regard. La question n’est plus seulement : « Pourquoi Dieu permet-il le mal ? » mais : « Comment Dieu regarde-t-il le mal, et comment moi-même je regarde le mal ? »
- L’attitude humaine : Accuser, s’alarmer, vouloir tout régler par la force, se laisser envahir par la peur et le jugement.
- L’attitude divine : Patience, miséricorde, confiance dans la puissance cachée du bien, respect de la liberté et du temps de croissance de chaque personne.
L’Esprit Saint, aujourd’hui, veut nous initier à cette sagesse divine. Il nous donne le courage d’attendre, de semer le bien sans nous lasser, et de croire que le bien finira par l’emporter, non par notre violence, mais par la force douce de Dieu.
Sylvain Damoué, Homélie du 19/07/2026 – 16ème D. du T.O./ Année A